Le Marquis n'entendait pas s'orienter vers la seule défense du costume du pays d'Arles. Dans sa pensée, "Lou Coumitat Vierginen" créé en 1904 n'était qu'une première étape vers une action "nationale" plus large. En 1909, "Lou Coumitat Vierginen" prit le nom de " Nacioun Gardiano" et précisa ses buts : maintenir et glorifier le costume d'Arles, les us et costumes de la Camargue et des pays taurins, poursuivre l'épanouissement de la langue d'Oc, propager la doctrine félibréenne contenue dans les oeuvres de Frédéric Mistral et de ses disciplines.
La Nacioun Gardiano fit appel à tous les Méridionaux qui, à un titre quelconque, concourent à la conservation de nos traditions vivantes, de nos moeurs, de nostre langue. Et l'on vit peu à peu des manadiers, des gardians, des amateurs gardians, si nombreux dans le Languedoc, des félibres, des poètes, des artistes, des aficionados, des paysans, se grouper autour de son étendard, symbole de son idéal, de son but, de son action.
Noué à la hampe d'un trident, il représente la banière rouge des Comptes de Toulouse, avec, d'un côté, la Croix de Languedoc, le cri de ralliement de nos aïeux de la guerre des Albigeois et de l'autre, la barque des Saintes Maries surmontée de l'étoile aux sept rayons du Félibrige.
A dire vrai, l'initiative du Marquis rencontra surtout parmis la gent gardiane, des préventions défavorables qui n'ont pas encore complètement désarmé à l'heure actuelle.
On eut beau préciser que le mot "gardian" inclu dans "Nacioun Gardiano" ne signifiait pas seulement "garde-bêtes", mais "gardien" d'une traditio,, d'un esprit particulier, d'un pays, d'une "nation". on voulut dès le début, l'opposer à la "Confrarie des gardians" d'Arles dont le caractère est tout différent, puisqu'elle constitue un groupement corporatif principalement composé de gardians de métier.
En cette fin de siècle, la Confrérie et la Nacioun Gardiano qui associe désormais leurs efforts pour le maintien de nos traditions, entretiennent les meilleures relations.
Regardons comment grandit et vit cette association, sous l'influence baroncellienne:
On lui doit la participation de nombreux cavaliers à la procession du 25 Mai, aux Saintes Maries de la Mer, à des manifestations de toutes sorte, aux réceptions, dans nos villes, de personnages officiels ou non, et dde groupement divers venus des autres provinces et de l'étranger pour visiter notre pays, aux cérémonies de la commémoration de la mort de Frédéric Mistral. Plus récemment des pèlerinages à Lourdes ont été organisés par ses soins.
C'est le Marquis, donc la Nacioun Gardiano, qui a institué les Fêtes dites provençales, les appréciées dans nos contrées et que tant de villes de France ont voulu connaître.
L'activité de la Nacioun Gardiano ne se borne pas, cependant, à des manifestations "extérieures" . Elles'exerce dans d'autres domaines qui touchent tous aux buts qu'elle s'est assignée.
Depuis 1930, année qui vit la Nacioun Gardiano parcourir tout le Midi méditerranéen, de Nice à Perpignan, pour participer aux Fêtes du centenaire de la naissance de Frédéric Mistral, un Bulletin (Cartabèu) , rédigé en provençal est publié annuellement.