En 1895, lou Marquès (le Marquis), comme on l'appellera désormais, se rend en Camargue et monte une manade, la Manado santenco (la Manade saintine), aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Il épouse la fille d'un propriétaire de Châteauneuf-du-Pape; de ce mariage, il aura trois filles, mais sa femme supporte mal le climat camarguais et leur vie commune est épisodique. Néanmoins, le 30 juillet 1899, il s'installe définitivement aux Saintes sur la petite route du Sauvage, au mas de l'Amarée.
Dès le début du XXe siècle, le Marquis s'attelle avec d'autres à la reconquête de la pure race Camargue, tout comme il participe activement à la codification de la course camarguaise naissante. La sélection draconienne qu'il opère est récompensée par son taureau Prouvenço, historique cocardier qui déchaîne les foules, baptisé ainsi autant pour ses qualités esthétiques que ses aptitudes combatives. Le 16 septembre 1909, il crée la Nacioun gardiano, qui a pour objectif de défendre et maintenir les traditions camarguaises.
En 1924, il demande à Paul Hermann de concevoir et dessiner la croix camarguaise qui symbolise la Nacioun gardiano. La croix originelle est réalisée par Joseph Barbanson, forgeron aux Saintes-Maries-de-la-Mer et inaugurée le 7 juillet 1926 sur un terre-plein de l'ancienne sortie sud-est de la cité camarguaise.
Dans les années 30, il dénonce le projet d'assèchement du Vaccarès, se bat pour la création d'une réserve et manifeste pour le maintien des courses camarguaises.
Il soutient également les gitans et leur pèlerinage. A sa demande, l'Archevêque d'Aix, Monseigneur Roques, tolère que la statue de Sara, patronne des gitans, soit amenée jusqu'à la mer, ce qui est réalisé, pour la première fois, le 25 mai 1935. Toutefois, ce n'est qu'à partir de 1953 que des prêtres participeront à cette procession.
Affaibli par la maladie et terriblement attristé, il s'éteint à la fin de 1943. Il reçoit l'extrême onction et décède le 15 décembre 1943 peu avant 13 heures en Avignon.
Son mas Lou Simbèu est détruit à l'explosif en 1944 par les troupes allemandes lorsqu'elles quittent le pays. Il n'aura duré que 13 ans. Le 21 juillet 1951, les cendres du Marquès sont transférées dans un tombeau à l'endroit même où se trouvait le mas du Simbèu. Lors de ce transfert, alors que le convoi funèbre longe les prés, les taureaux de son ancienne manade se regroupent et suivent lentement le cortège, comme accompagnant leur maître une dernière fois. Ainsi, selon sa volonté :
"Lorsque je serai mort, quand le temps sera venu, amener mon corps dans la terre du Simbèu, ma tête posée au foyer de ma vie, mon corps tourné vers l'église des Saintes, c'est ici que je veux dormir."
Le Marquis repose ainsi sur les lieux de son dernier mas.